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Mardi 31 mars 2009

Bonjour

 
Je tiens à vous féliciter, vous qui êtes capables d'assumer ce rôle si difficile, alors que notre maladie vous met des bâtons dans les roues.
Votre tâche est d'autant plus difficile si votre compagnon a lui aussi des problèmes de santé, comme ce fut le cas pour ma mère.
Bravo, bravo d'assumer votre rôle, d'assurer une bonne éducation à vos enfants, de leur sourire même dans vos moments difficiles, et de vivre en famille normalement.
Maintenant, dans toute famille, il y a des hauts et des bas, des moments difficiles, et finalement, on nous dis souvent qu'il ne faut pas tout ramener à notre maladie. Sans doute vivrait-on des moments difficiles même sans. Mais la fatigue, les choses qui nous sont devenues impossibles, les handicaps, viennent se rajouter aux situations que toutes les mères vivent. Mais, toujours mais...

Pourtant réfléchissez : à l'heure actuelle,  nous avons lancé un concours : le premier ou la première qui a un enfant gagne.
Malgré tous les tracas, soucis, etc... que la vie de famille peut apporter, échangeriez-vous votre place avec la notre ?

Je sais, là n'est pas le sujet, et comme je dis dans mon entourage depuis toujours, je ne veux jamais utiliser mon handicap ( je suis de naissance aveugle d'un oeil, myope et astigmate de l'autre ) pour justifier mes erreurs ou maladresses, ou ma fatigue. Mais de temps en temps, DE TEMPS EN TEMPS, on aimerait tant pouvoir dire " temps mort ", et souffler un peu. C'est particulièrement rare pour vous, les mamans. Alors encore bravo d'être aussi présente auprès de vos enfants.

Histoire de vous donner une comparaison qui allégera j'espère votre situation, par comparaison, je vais vous parler de ma mère ( c'est le moment, je crois ).

Mariée à 11 ans, en 56.
Orpheline de mère à 8 ans, en Tunisie, elle a assumé son rôle auprès de ses frères et soeurs, étant l'aînée.
Son mari, a eu un accident grave et handicapant en 71, et a sombré alors dans l'alcool. ( Il s'en est sorti depuis ).
Elle a eu 9 enfants, je suis le 5ème, premier né en France.
Le plus fort, c'est que ma soeur ayant disparu, elle a recueilli ses 3 enfants. 50 ans de carrière de mère !

Si j'y pense autant en ce moment, c'est qu'elle a eu un accident vasculaire cérébral, heureusement sans séquelle définitive, il y a un mois.

Bon, quelle sorte de père vais-je être ? Plutôt absent ou distant, à ne jeter qu'un oeil de temps en temps à " comment les gosses se débrouillent " ?
Plutôt fainéant, à ne m'intéresser aux enfants que lorsqu'ils ont au moins 2 ou 3 ans, et à n'être là que pour jouer ou pour les distractions ?
Plutôt tyrannique, à vouloir les rendre exactement comme j'aurais voulu être, et à leur imposer leurs études, leurs sports, leurs loisirs, et à être omniprésent ?
Au moins, vos messages auront servi à réveiller quelques messieurs ( comme moi ) qui vous ont lu.

Zut, je me suis dispersé, pardon mesdames, l'essentiel est de vous dire : bravo, courage, les moments difficiles, on en sort un jour ou l'autre.
Et faites autant de coupures que possibles, pour souffler et vous occuper de vous-même, ces moments sont de toute façon trop rares.

Respectueusement,

Par thomas de la borde chantal - Publié dans : structures de l'ARSEP
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